04 mai 2009
Durban 2 n’est pas un match nul, c’est une défaite des droits de l’Homme face au fascisme islamique
Caroline Fourest nous disait en mars dernier qu’il ne
fallait pas « déserter » Durban II pour donner sa chance au
multilatéralisme, espérant des compromis vis-à-vis d’un cadre qu’avait
posé Durban I, extrêmement inquiétant pourtant, comme elle en rappelait
elle-même les termes : « Le texte insiste sur la
traite transatlantique, dans l’espoir d’obtenir des réparations
financières, au risque d’esquiver la responsabilité de certains
négriers noirs ou arabes. Il parle d’”islamophobie”, au risque de
confondre la lutte contre le racisme avec une lutte contre le
blasphème. Sans dire un mot des minorités religieuses opprimées dans
les pays musulmans au nom de la charia. Israël est le seul pays cité.
Comme si la mort de civils palestiniens relevait du racisme et non de
crimes de guerre liés à un conflit territorial. Il ne dit rien des
chasses aux homosexuels au Sénégal, ni de leur pendaison en Iran. La
plupart des ajouts proposés par le Mouvement des non-alignés, l’Union
africaine et le groupe des pays musulmans visent à aggraver ce texte.
Ils insistent notamment pour élargir la lutte contre le racisme à la
“diffamation des religions”. Ce qui reviendrait à mettre les droits de
l’homme au service de la protection des religions, au détriment de la
liberté d’expression. » Une situation qu’elle disait inacceptable,
ce sur quoi nous ne pouvons que la rejoindre mais pour conclure
différemment d’elle, qu’aucun compromis n’était possible avec les
valeurs et les idées exposées-là !
Ce n’est pas un match nul, c’est une grave défaite pour les droits de l’homme !
« Durban II n’est ni un succès ni un échec, mais un match nul » nous dit-elle, ce qui justifierait a posteriori de penser qu’il était juste et nécessaire de ne pas pratiquer ce qu’elle appelle « la politique de la chaise vide ». Boycotter selon elle « revenait à déserter ». « Participer a permis d’obtenir un meilleur texte qu’à “Durban I” » surenchérit-elle. Affirmant un peu vite qu’il n’y a pas de référence à la “diffamation des religions”, sans focalisation sur Israël et qu’on aurait écarté les rêves de ceux qui entendent « transformer la lutte contre le racisme en lutte contre le blasphème ». Mais c’est faux ! Vu de Paris, elle regrette que cet accord puisse « paraître décevant » allant même jusqu’à dire que « vu de Genève, où l’on sait combien le rapport de force est défavorable aux pays démocratiques, on serait tenté de crier victoire. » En fait, ce texte est une véritable catastrophe pour les droits de l’Homme et la défense des libertés.
Dans le paragraphe 12, elle nous dit qu’il faudra rester vigilant, modérant ce qu’il décline, une énumération des discriminations qui pose pourtant plus d’un problème puisque qu’elle met sur le même plan : ”islamophobie, antisémitisme, anti-arabisme” qui précisément entérine par là que le racisme envers les musulmans ou les Arabes relève d’un racisme antireligieux et donc revient à assimiler cette définition du racisme avec la diffamation des religions.… On connait l’usage qui est fait de la notion d’islamophobie qui revient à interdire la critique de l’islam, sans compter avec la notion d’anti-arabisme qui renforce combien encore les choses selon la même logique.
Enfin, c’est aussi directement détourner le concept d’antisémitisme de son sens que d’y assimiler celui d’islamophobie, car les sémites sont un peuple et l’islam une religion, instrumentalisant par là le combat contre le racisme à des fin de propagande religieuse. Ce retournement de sens est une autre façon de piéger le débat autour du conflit israélo-palestinien qui permet au Hamas de se présenter en victime d’un racisme venu d’Israël, déportant un débat au fond qui est celui de la prise du pouvoir politique par une religion à des fins d’interdiction des libertés des Palestiniens eux-mêmes au nom de la grande cause, sur le terrain des discriminations. Sans compter avec l’impossibilité de faire entrer dans le texte la reconnaissance de la non-discrimination de l’homosexualité, pour ne pas dire la non-criminalisation, qui est un autre point noir de Durban II. Un bilan honteux !
Il ne fallait pas y aller pour aider les Palestiniens et les musulmans du monde à s’émanciper de la domination fascisante d’un islam politico-religieux !
Ce texte est ainsi tout simplement une porte ouverte à la limitation de la liberté d’expression, à son oppression dans les pays qui s’en serviront, les dictatures religieuses liberticides et criminelles d’inspiration islamique, pour combattre sur leur territoire sans en être inquiétées toutes forces progressistes, toutes oppositions. De plus ainsi, c’est les mettre en position de défendre cette logique inique sur la scène internationale en toute tranquillité. Comment peut-on ensuite saluer ce texte « comme la meilleure réponse possible au discours du président iranien. », ce pourvoyeur du fascisme-politico-religieux qui peut au contraire continuer de se produire sans conteste dans les réunions internationales pour tenir le même discours, qui n’a rien à envier à ceux d’un national-socialisme heureusement défunt, puisque aucune sanction n’a été avancée contre ce qu’il représente et ce qu’il clame !
La désignation d’Israël comme l’ennemi à abattre est un bouc-émissaire mis au service d’une cause qui est celle de la justification du crime contre les libertés érigée en statut du pouvoir des Etats opprimant, au nom de l’islam, leurs peuples. Le vrai combat pour la paix passe par un règlement pacifique entre Israël et l’autorité palestinienne, sur des bases laïques et non religieuses, ou ce conflit ne trouvera jamais de l’un et de l’autre côté à se résoudre. Car les Palestiniens doivent pouvoir accéder à un Etat libre, indépendant et démocratique. C’est un enjeu essentiel pour la paix du monde et une cause juste qu’il faut défendre, mais contre le pouvoir des religions sur la politique. Il ne fallait pas non plus aller à Durban II pour bien défendre ce combat là !
L’islam est une religion imposant une domination fascisante du religieux sur le politique dans sa conception même, qui est loin d’avoir fait son aggiornamento de ce point de vue et refuse actuellement toute laïcisation à travers le rejet des droits de l’Homme et de l’égalité homme-femme dont l’extension du voile est le marqueur. Si l’on veut faire barrage au fascisme politico-religieux de l’islam de combat - dont la tendance est dominante dans les pays musulmans aujourd’hui et de très mauvaise influence pour les musulmans du monde vivant dans les pays démocratiques - il faut en décliner clairement le rejet et le désigner comme un ennemi qui est à la hauteur historique du danger qu’à constitué le nazisme, de ce serpent de Brecht dont il nous disait de veiller car il ne dort toujours que d’un œil, d’une mue à l’autre.
L’initiative donnée aux pays les plus liberticides au monde au nom de l’islam !
Mépriser cette négociation de Durban II n’aurait pas permis selon elle « d’expliquer au monde la position de l’Union européenne ». Mais l’Union Européenne n’est-elle pas, en Europe déjà dans l’encouragement de la place des religions comme interlocuteur des Etats et d’elle-même, pour toutes les grandes décisions politiques, encourageant le communautarisme, avec une place toute particulière faite à l’islam dans ce jeu où l’égalité de traitement des religions a pris le pas sur la laïcité. Caroline Fourest parle de la préservation de l’universalisme dans la perspective de renégocier un jour cette plate-forme… Mais c’est de l’inconscience ou de l’aveuglement !
A tous points de vue, ceux qui sont allés à Genève, ont contribué, par leur présence, à maintenir Durban II sur les rangs d’une réunion internationale sur les droits de l’Homme respectable, alors qu’il fallait laisser entre elles les dictatures pour mieux les montrer du doigt telles qu’elles sont et les isoler. C’était la seule façon de faire repartir sur des bases saines la lutte contre le racisme et pour les droits de l’homme à l’ONU. Ici on n’a fait que justifier de continuer dans le même processus catastrophique avec les mêmes.
C’est le fameux thème de l’unité dans la diversité qui a gagné, qui est présenté comme une richesse et n’est qu’un leurre qui justifie le maintien d’une situation où à l’ONU dominent les pays antidémocratiques qui accusent ceux qui sont démocratiques d’être un danger pour leur indépendance et leur culture, rejetant en fait derrière cet argument que soient appliqués partout les mêmes droits et libertés individuelles. Une situation qui a bien servi avec Durban II à ne poser à aucun moment la vraie question : la mise en cause des dictatures religieuses, des pouvoirs absolus et liberticides qui se dissimulent derrière ce concept de diversité, de gens qui eux mènent chaque jour leur guerre de civilisations en gagnant contre les démocraties des positions…
C’est sur ce combat là que nous sommes en retard, dont nous ne prenons pas la hauteur, non pour mener une guerre de civilisations sur une base religieuse, mais en posant clairement les dangers de cette volonté guerrière de certains pays animés par l’islam pur et dur, jusque certaines factions très actives dans notre pays, interlocuteurs privilégiés de notre Etat républicain. Sans ce combat pour une prise de conscience collective de ces dangers, nous livrons les peuples démocratiques à subir des reculs de libertés au nom des mêmes principes religieux d’un Ahmadinejad, portés par un communautarisme complice qui comme en France poursuit à l’abri de la bienpensance de bien des élites y compris laïque, son chemin.
Durban II, c’était historiquement là pour les laïques qu’il ne fallait pas en être !
Nous avions mille fois raison lorsque nous expliquions qu’il ne fallait par aller à Durban II, pour donner à ceux qui ont transformé la lutte contre le racisme en mascarade une occasion de se servir d’une tribune pour cracher sur les droits de l’homme avec le crédit de la présence de la France.
Car sur le fond, on voit bien que l’enjeu n’est plus la recherche de compromis avec des pays qui pratiques la charia et la dictature, qui demandent que l’on criminalise ce qu’il appelle « la diffamation des religions , » entendent ainsi faire interdire le droit à la libre expression et à la critique, rejettent les droits de l’Homme derrière l’argument selon lequel il serait une forme poste-coloniale de la domination de l’Occident, pour mieux continuer chez eux à opprimer les libertés et anéantir ceux qui s’opposent à leurs régimes ignobles. Il n’y a pas de compromis avec ces gens là ! Il faut les combattre ouvertement en les mettant au ban des nations, pour clarifier un combat dont le jeu est brouillé en raison précisément de la présence de certains, qui comme Caroline Fourest son venus donner un crédit inespéré à des tyrans.
Le compromis du texte cadre qui y a été adopté, de façon extrêmement dangereuse, contribue à jeter un voile sur le danger mortel, physique que courent tous les démocrates qui dans ces pays espèrent que les pays démocratiques les aideront par une attitude de dénonciation sans concession, à se libérer des dictatures religieuses qui au nom de l’islam, du respect des croyances, les oppriment, les tuent.
Guylain Chevrier
03 avril 2009
Adieu "fraternité", bonjour "diversité" !
D'ici
une une dizaine de jours, Yazid Sabeg, le nouveau commissaire « à la
Diversité et à l’Egalité des chances », proposera officiellement à
Nicolas Sarkozy de soumettre au Parlement un projet de loi « visant à
rendre licite la mesure de la diversité ».
Il s’agirait concrètement, au nom de la lutte contre les discriminations, d’autoriser des « statistiques ethniques ». Même si Yazid Sabeg, conscient de toucher ici à un sujet particulièrement brûlant, a tenu à préciser que les enquêtes se fonderaient, non pas sur des critères objectifs (couleur de peau, patronymes), mais sur des critères subjectifs (le sentiment d’appartenance à une communauté). « Il s’agit de demander aux personnes comment elles se définissent, ce qu’elles ressentent » déclare-t-il ainsi. Qui plus est, ces enquêtes, dont il a confié le soin à une commission d’en élaborer les modalités, se baseraient sur le volontariat et l’anonymat.
Des statistiques ethniques préludes au règne des ethnies
Si Yazid Sabeg se veut rassurant, et se garde bien de parler de « statistiques ethniques », c’est bien de cela qu’il s’agit. Repérer et distinguer aux yeux de la loi des individus à raison d’une appartenance ethnique, qu’elle soit réelle ou ressentie, revient au même danger : celui de tuer une communauté nationale qui ne connaît et ne reconnaît que des citoyens, tous égaux devant la loi, passant outre les origines et les différences de chacun. Une communauté remplacée par une multitude de tribus et d’ethnies dans lesquels les citoyens sont désormais priés de se ranger, prisonniers qu’ils sont de leurs origines et de leurs faciès.
La distinction des citoyens en fonction de communautés, réelle ou supposée, est quoiqu’il en soit un non-sens dans le cadre d’une lutte contre les discriminations. Comment peut-on sérieusement croire qu’on peut lutter contre des facteurs discriminants en officialisant ceux-ci via des statistiques ethniques ? Comment peut-on sérieusement croire qu’on rendra les citoyens égaux si l’on ne cesse de pointer leurs origines et leurs faciès, et de les encourager à se définir seulement vis-à-vis d’eux ? Comment, enfin, ne pas craindre que de s’appuyer sur des « ressentis » galvanisera une victimisation dont les groupuscules ethnicistes savent si bien exploiter ?
C’est à ce jeu dangereux auquel s’adonne Monsieur Sabeg, alors même qu’il est prouvé que les statistiques ethniques, par exemple aux Etats-Unis, n’ont jamais permis de gros progrès dans la lutte contre les discriminations. Pas plus que la « discrimination positive », son corollaire, dont Yazid Sabeg est un chaud partisan.
La discrimination positive ou l’obsession raciale contre la méritocratie
Une « discrimination positive » elle aussi à l’ordre du jour en France, impulsée par un Président qui promettait de redonner des couleurs à la méritocratie. En régime méritocratique, si la couleur de la peau et/ou les origines ne devraient pas être un handicap, elles ne devraient non plus jamais être un avantage acquis, un accélérateur social, comme dans le cas de la « discrimination positive ». Dans les deux cas, c’est offrir à ces facteurs discriminants un rôle décisif. Et il est de bon sens de penser que de donner une promotion ou un avantage à quelqu’un parce qu’il est noir, arabe ou autre, c’est le refuser à un autre parce qu’il ne l’est pas.
Derrière ces prétendues luttes contre les discriminations, derrière cette promotion tous azimuts de la sainte « diversité », se cachent en réalité des velléités antirépublicaines et communautaristes. Des velléités que l’UMP et le PS prennent soin d’encourager, leur permettant ainsi d’évacuer une bonne fois pour toute la question sociale.
En effet, quand on parle et prône la « diversité », il n’est jamais question de « diversité » sociale, ou encore des opinions. Non. La « diversité » est toujours ethnique. Les personnes « issus de la diversité », qu’il faut, selon cette doxa, voir davantage accéder aux manettes du pouvoir, sont toujours des personnes issues de l’immigration, essentiellement les Noirs et les Maghrébins. Jamais un ouvrier, jamais un pauvre campagnard ne sera considéré comme telle. Jamais Martine Aubry, par exemple, qui souhaite instaurer de la « diversité » dans les listes du PS pour les prochaines élections européennes, n’entend par là y intégrer des ouvriers, des gens issus des couches sociales modestes. Ce serait évidemment un sacrilège. La seule « diversité » qui vaille, la seule « diversité » à encourager, est évidemment celle du taux de mélanine dans l’épiderme !
Il y en a même, dont il faut saluer l’honnêteté de leurs intentions, qui proposent ni plus ni moins que de remplacer la vieillotte « fraternité » par la si moderne « diversité » dans la devise républicaine. Une « diversité » qui entend ségréger les citoyens selon leurs faciès et leurs origines, plutôt qu’une « fraternité » qui entend rassembler les citoyens au-delà de leurs différences, voilà qui voudrait tout dire !
Une « diversité » pour mieux en finir avec la question sociale
Comme le démontre fort bien Walter Benn Michaels, l’auteur de « La Diversité contre l’égalité », un ouvrage paru récemment, « la ‘diversité’ n’est pas un moyen d’instaurer l’égalité, mais une méthode de gestion de l’inégalité ». Nos gouvernants ayant renoncé à mettre fin aux inégalités sociales, ils entendent détourner notre regard sur celles-ci en focalisant les débats sur la quête de la « diversité ». Une « diversité » qui ne permet au mieux que de « diversifier » le faciès et les origines des tenants du pouvoir, sans déranger aucunement le système économique inique actuel. Une « diversité » qui fait figure en somme de « gauchisme des classes supérieures », pour reprendre l’expression de Michaels, qui souhaitent faire oublier leurs privilèges et se libérer de toute culpabilité.
Yazid Sabeg est lui-même un pur symbole de cette « diversité » au service du néolibéralisme. Grand patron, il est un membre éminent de l’aristocratie économique, une aristocratie dont il partage les intérêts et les valeurs, et dont il ne se distingue de ses congénères que par son faciès. Ainsi, quand il prétend avoir l’objectif de mettre en pratique « l’égalité des chances » dans notre pays, c’est évidemment d’une pathétique malhonnêteté intellectuelle.
Morcellement de la nation républicaine en communautés ethniques rivales, dissolution de la question sociale : telles sont les vraies intentions que sous-entend la quête de « diversité ». Une « diversité » qu’il est plus que jamais nécessaire de démasquer et de combattre comme il se doit.
