01 avril 2009
« La journée de la jupe », le film qui pulvérise l’islamiquement correct
Comme 2.245.000 d’entre vous, j’ai vu le film « La journée de la jupe » avec Isabelle Adjani vendredi soir sur Arte (1). J’ai compris alors les difficultés du réalisateur pour faire et diffuser ce film : boycott des producteurs, puis des chaînes de télévision, et enfin des salles de cinéma : il est tout simplement très politiquement incorrect ! Saluons donc Arte qui a eu le courage de briser le plafond de verre médiatique en programmant cette œuvre de Jean-Paul Lilienfeld, ce qui lui vaut un record historique d’audience. Et pour ceux qui n’ont pas pu voir le film, sachez qu’il est en ligne sur Internet jusqu’au 26 mars (2), et qu’il sortira dans les salles le 25 mars.
Je laisse aux cinéphiles le soin de décrire les qualité techniques du film. Pour ma part, j’ai apprécié le côté thriller où dès la première minute et jusqu’à la dernière, on est tenu en haleine par un scénario d’une rare densité, et par une approche à la fois humaine et technologique de cette situation de crise. Par exemple, la vulgarisation rassurante des méthodes du Raid vaut mieux qu’un documentaire spécialisé. Mais passons aux différents « messages » du film, qu’on n’avait jamais vus aussi explicites et réunis dans une même œuvre de fiction française jusqu’à présent.
« La journée de la jupe » dénonce tout ce que nous disons depuis bientôt deux ans sur Riposte Laïque. Tout y passe, en vrac et en boucle : les chiennes de garde qui démolissent la féminité au nom du féminisme, le pédagogisme décervelant à la Bégaudeau et à la Darcos, les insultes sexistes, une ministre de l’Education nationale peureuse et prête à sacrifier médiatiquement et physiquement la victime expiatoire, les filles obligées de s’habiller comme des sacs à patates, l’accusation d’« islamophobie », la peur d’émeutes urbaines, la victimisation des coupables et la culpabilisation des victimes, l’irrespect envers les adultes, l’antisémitisme islamique et le racisme anti-blancs, l’école républicaine transformée en garderie et en « fabrique de crétins », l’hyper-violence, l’arabisation et l’appauvrissement de la langue française, l’éclatement des familles, le racket, les mots faux-culs comme « quartier sensible » ou « contexte », les professeurs qui baissent le pavillon jusqu’à se faire complice des voyous ou à se servir du Coran en classe pour les apaiser, le multiculturalisme, l’échec de l’intégration (et ne parlons même plus d’assimilation), le communautarisme ethnique, le mépris des valeurs laïques, les viols collectifs, les superstitions religieuses, le machisme abruti, la manipulation de l’opinion publique, le proviseur qui ne pense qu’à étouffer les problèmes de son établissement et qui accuse la victime d’être à la fois « catho coincée » et trop laïque (ultra-laïciste, comme on dit chez Kintzler et Fourest), l’affinité entre les islamistes algériens et les « sauvageons » de nos banlieues, le commerçant chinois qui fuit la cité parce qu’il a été victime de multiples braquages, les menaces de représailles, l’influence affligeante des séries télé et des reality shows, etc.
Et surtout, le film ne fait aucune impasse sur la dénonciation de l’islamisation qui pourrit notre société et en particulier ces jeunes élèves issus de l’immigration et communautarisés. « La journée de la jupe » n’a pas eu besoin de s’abriter derrière des évangélistes ou une version bisounours de l’islam pour en dénoncer les effets désastreux, ainsi que sa responsabilité directe dans la haine des non-musulmans, dans une représentation préhistorique de la femme qui ne peut être qu’objet, soit pute, soit soumise, et dans les atteintes à la laïcité française et occidentale.
Nous savions déjà tout cela, et une majorité de nos concitoyens sans doute aussi. La preuve en est que les premières réactions d’internautes sont quasiment unanimes pour se réjouir de voir ainsi dénoncés les « clichés idéologiques », « l’hypocrisie de la hiérarchie dans l’Education nationale », le « politiquement correct », les « certitudes dogmatiques et corporatistes », la « niaiserie bien-pensante et satisfaite qu’est Entre les murs », les « valeurs peu à peu oubliées », la « dérive de notre société », etc. (3)
Oui, nous le savions, et vous aussi. Mais « La journée de la jupe » ne fait pas que conforter et encourager notre combat : sa diffusion à une heure de grande écoute constitue un tournant magistral : c’est l’ouverture d’une brèche importante dans la barrière médiatique et la propagande d’Etat, dont on percevait déjà les fissures.
C’est également la démonstration cinglante de l’impasse à laquelle nous conduisent nos gouvernants et leurs idiots utiles. Ce gouvernement ubuesque qui soi-disant prétend combattre les talibans en Afghanistan, et qui n’est pas capable de rétablir l’ordre républicain dans nos zones de non-droit. Ce gouvernement pusillanime dont la justice de la pensée condamne un article où Kad Merad dit qu’il apprécie « le cigare à l’apéro » (4) mais ferme les yeux sur les appels à la haine et à la violence distillés dans des mosquées ou dans des manifestations jihadistes. Ce gouvernement lâche qui n’a plus que le « ministère de la parole » pour rabâcher ses indignations à chaque fois qu’un élève ou un enseignant est sauvagement agressé, et qui invite ses policiers à ne plus poursuivre les délinquants (5). Ce gouvernement faible dont le chef nous avait dit que « la France n’est pas un pays où l’on porte la burka », et qui ne fait strictement rien contre les voiles intégraux et intégristes qui se multiplient. Ce gouvernement dogmatique et son opposition complice qui nous promettent d’imposer de force une « diversité » anti-républicaine et anti-démocratique aux Français sans exiger en retour le moindre devoir civique de la part des communautés immigrées. Ce gouvernement ruineux et ses élus de droite comme de gauche qui multiplient le financement illégal du culte musulman (22 millions pour une seule mosquée à Paris, qui dit mieux ?) alors que « les caisses sont vides » et qu’il n’a jamais démontré que l’islam apporterait le moindre bénéfice aux Français. Ce gouvernement menteur qui fait croire que la délinquance est en baisse alors que les faits divers du moindre journal local prouvent le contraire, et démontrent que la violence urbaine est de plus en plus barbare. Ce gouvernement affabulateur dont les « sociologues » et les ministres autoproclamés nient les « bandes ethniques » et prétendent qu’il n’y aurait que 222 « bandes » en France, alors qu’ils comptent par ailleurs un millier de zones de non-droit où désormais on tire à vue sur les forces de l’ordre (6).
« La journée de la jupe » illustre tout cela, et n’épargne pas non plus les idéologues de gauche qui ont détruit notre Education nationale de l’intérieur, avec leurs relais syndicaux et corporatistes. Mais permettez-moi de saluer l’efficacité de deux autres films, « Entre les murs » et « Welcome », dont la promotion médiatique fut évidemment bien plus massive que celle du film de Jean-Paul Lilienfeld : en effet, ces deux caricatures malsaines de promotion du catéchisme droitsdelhommiste ont eu exactement l’effet inverse de celui escompté. A force de traiter les Français de racistes et d’imbéciles, et de vanter au contraire ceux qui leur crachent dessus et qui les humilient, les arroseurs sont arrosés et se ridiculisent eux-mêmes.
Saluons enfin Isabelle Adjani, la « Sonia Bergerac » du film. Il faut du courage pour se prêter à un exercice qui peut lui valoir la réprobation de ses pairs médiatiques. Mais elle explique fort bien son engagement dans cette aventure dans une interview au Nouvel Obs (7). On y retrouvera toutes les dénonciations du film, par exemple sur le féminisme : « La modernité, c’est la jupe ou le pantalon ? Ce fut le pantalon, c’est devenu la jupe. On est loin des acquis féministes. On est dans la nécessité de revenir à une féminité vivable. Féminine égale pute, c’est quand même embêtant. C’était inimaginable avant le phénomène de l’intégrisme islamique. Il est étrange que le pantalon soit vécu comme un voile. » Ou encore sur la déculturation prônée par le chef de l’Etat qui préfère l’imam et le curé à l’instituteur et par son nouveau sous-vizir Yazid Sabeg qui veut réduire l’exigence de langue française et de culture générale dans les grandes écoles (8) : « Vos élèves dans le film restent sourds aux charmes de Molière. Que vous inspire la frigidité du président de la République pour « la Princesse de Clèves » ? Voyez mon accablement... Tant pis pour lui. Si Carla Bruni pouvait lui lire ce livre chaque soir au coin du feu sur un air de guitare... Personnellement, je ne sais pas comment j’aurais vécu ma vie amoureuse si je n’avais pas lu « la Princesse de Clèves ». »
« La journée de la jupe » est un film où Riposte Laïque reconnaît totalement tous ses combats, républicains, laïques et féministes. Nous nous réjouissons non seulement de voir brisée si magistralement l’omerta des médias et des politiciens, mais aussi – et peut-être plus – de constater que la cohérence de nos engagements rejoignent parfaitement – et souvent avec les mêmes mots – les réactions d’une très large majorité des Français qui ont vu le film. Bravo, bravissimo à Jean-Paul Lilienfeld et son équipe, à Isabelle Adjani, à Denis Podalydès incarnant avec brio un homme du Raid très humain, à tous les actrices et acteurs et à Arte !
Quelques extraits du film : la-journee-de-la-jupe-cote-profs_shortfilms
Et un peu de musique pour mettre du baume au coeur des enseignants !
http://www.dailymotion.com/video/x6914y_fatals-picards-securite-de-lemploi_music
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(1) http://www.arte.tv/journeedelajupe
(2) Depuis, Arte a déprogrammé les rediffusions, ne souhaitant pas faire de concurrence aux salles de cinéma.
(3) par exemple Cinema/Adjani-dans-La-Journee-de-la-jupe- !/(gid)/200602/(comment)/all
ou http://television.telerama.fr/tele/emission.php ?onglet=avis&id=12275559
(4) http://www.lepost.fr/article/2009/01/02/1372183_kad-merad-condamne-par-la-justice-pour-son-vice.html
(5) http://www.youtube.com/watch ?v=NcPRmEvxWoA
(7) http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p2315/a397177.html
(8) yazid-sabeg-mesurer-l-ampleur-des-discriminations-et-des-politiques-publiques_1164459_3224.html
31 janvier 2009
Antisémitisme et islamophobie : le scandaleux parallèle de Sarkozy
En
présentant ses vœux aux forces de l’ordre, ce mercredi, à Orléans, le
chef de l’Etat a voulu tenir des propos forts contre le risque
d’importation du conflit israélo-palestinien en France. Cela, nul ne
peut le lui reprocher, il est dans son rôle. Mais il a prononcé cette
phrase terrible : « L’antisémitisme
et l’islamophobie seront condamnés avec la même sévérité », il n’y a
pas de place dans la République pour des antisémites ou des
islamophobes ».
(1)
Le 7 décembre 2007, Nicolas Sarkozy avait tenu des propos semblables à Alger, où il avait emmené Dalil Boubakeur, on se demande encore à quel titre. (2)
Ce n’est donc absolument pas un dérapage verbal, une maladresse, mais une ligne politique. En amalgamant le racisme qu’est l’antisémitisme, et le droit de ne pas apprécier une religion, ce qu’est l’islamophobie, Sarkozy attaque frontalement un principe laïque : le droit à la libre critique de toutes les religions, le droit au blasphème.
Peut-être plus grave encore, il dit clairement à tous : « Critiquer un homme parce qu’il est juif c’est la même chose que montrer les conséquences nuisibles à tous d’une religion ». Non seulement il ose, de cette façon, minimiser l’antisémitisme mais il donne à l’islam des lettres de noblesse ! C’est une réécriture criminelle de l’Histoire. Il fait des amalgames honteux entre Drumont, Charles Maurras ou Hitler, hier, antisémites notoires, comme les islamistes radicaux aujourd’hui, et des militantes comme Ayaan Hirsi Ali, Wafa Sultan ou Taslima Nasreen, qui ne cachent pas leur islamophobie. Les premiers appelaient, et appellent encore à la haine et l’extermination de tout un peuple, sur des bases racistes. Les secondes appellent les populations, et notamment les femmes, à s’émanciper d’une tutelle religieuse qu’elles jugent liberticide, sexiste et totalitaire, et elles se revendiquent des Lumières. Comment le président de la République peut-il renvoyer les deux dos-à-dos ?
Il cède ainsi à la pression des islamistes qui, à l’Onu (3), et partout dans le monde, entendent interdire tout dessin insolent sur le prophète, toute vérité déplaisante sur l’islam. Signalons à nos amis altermondialistes qu’ils reçoivent, entre autres, le soutien de Chavez et de Castro.
L’homme qui disait, avant son élection, « plutôt un excès de caricature qu’un excès de censure » et défendait le journal Charlie Hebdo, donne aujourd’hui des gages à ceux qui, de Mouloud Aounit à Dalil Boubakeur, voulaient interdire les caricatures danoises.
L’homme qui voulait « toiletter la loi de 1905 » instrumentalise le conflit israélo-palestinien pour attaquer frontalement la laïcité, et la liberté d’expression. En faisant un parallèle aussi scandaleux, il envoie un message fort aux dignitaires religieux musulmans : « Aidez-moi à faire régner l’ordre dans les banlieues, pendant cette période chaude, et je vous envoie un message fort, pour limiter la critique de votre religion, ce qui est une de vos revendications ».
Il se montre prêt à brader le combat historique de nos anciens, qui ont payé de leur sang le droit de s’émanciper de la tutelle religieuse, notamment catholique, en France.
Qu’aurait-on dit, dans les années 1990, si, cédant aux demandes des intégristes catholiques, et de leur association l’Agrif, dirigée par Romain Marie, du Front national, on avait répondu positivement à leurs exigeces, qui considéraient que toute critique de la religion catholique était une marque de racisme anti-français ? Toute la gauche serait, à juste titre, montée au créneau.
Pourtant, cette fois, on attend avec impatience les protestations de ceux qui, en soutenant l’offensive du voile, et les revendications communautaristes des islamistes, ont préparé le terrain au discours de Sarkozy. D’autres qui, imprudemment, ont parlé de racisme anti-musulman, ont également donné des verges pour se faire fouetter.
Si Nicolas Sarkozy veut réellement tout faire pour que le conflit israélo-palestinien ne soit pas importé en France, qu’il cesse de donner des gages aux religieux, qu’il cesse de parler de « bondieuseries » dans ses discours officiels, qu’il cesse de faire le signe de croix quand il représente l’ensemble des Français, et qu’il tienne enfin des propos dignes du président d’une République laïque, qui ne reconnaît pas les communautés, religieuses ou autres, mais les individus, à égalité de droits et de devoirs.
Bien entendu, nous serons toujours aux côtés de tous les combats anti-racistes : racisme contre les Juifs, contre les Arabes, contre les Noirs, contre les Blancs…
Bien entendu, nous serons toujours aux côtés de tous ceux qui se donnent le droit de critiquer toutes les religions, catholique, protestante, musulmane, juive, orthodoxe, bouddhiste, hindouiste, etc.
Pour soutenir les dessinateurs danois, des journaux comme France-Soir ou Charlie Hebdo ont reproduit leurs dessins.
Pour défendre le droit à la liberté d’expression, et surtout celui de critiquer l’islam, nous reproduisons les propos de Mustapha Kemal, fondateur de la République laïque de Turquie : « Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux sheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’Islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies. »
Si l’on en croit les propos présidentiels, qui a même évoqué la « tolérance zéro », nous sommes donc devenus des délinquants. Nous devons donc nous attendre à être poursuivis pour pour avoir relayé les propos de ce dangereux islamophobe, forcément raciste, selon Aounit, Tubiana, Sarkozy, Ramadan, Boubakeur et consorts.
En attendant, nous encourageons tous nos amis laïques à faire de même, à à défendre le droit à être islamophobe, et même à ajouter le mot phobe aux autres religions de leur choix.
______
(2) http://www.ripostelaique.com/Sarkozy-emmene-Boubakeur-dans-ses.html
(3) http://www.un.org/french/pubs/chronique/2004/numero4/0404p30.html
11 octobre 2008
2 mois de prison avec sursis, et 4000 euros de dommages et intérêts ! Juges, Mrap-LDH et tous ceux qui ont enfoncé Fanny, honte
Il
y a des moments où vous sentez une violence irrésistible monter en
vous, et le besoin de donner un grand coup de poing quelque part. C’est
ce qui nous arrive, à l’heure où j’écris cet édito. Je viens d’avoir
Fanny au téléphone. Selon les informations recueillies, elle a été
condamnée en appel à deux mois de prison avec sursis, pour
discrimination religieuse ( !!!) et au total à 4000 euros d’amende.
Oui, vous lisez bien, de la prison avec sursis, comme pour un voleur de voiture, et une amende énorme, comme pour un politique qui détourne des fonds publics, pour avoir poliment demandé à une femme d’enlever son voile dans les parties communes d’un gîte !
Certes, nous pourrions écrire que c’est mieux que 4 mois de prison avec sursis et 8.490 euros d’amendes et de dommages et intérêts du premier verdict d’Epinal, et, que c’est une demi-victoire, due à l’évolution du rapport de forces, depuis un an.
Eh bien non ! Nous sommes tous révoltés qu’une femme comme Fanny Truchelut puisse être condamnée à de la prison avec sursis. Nous en pleurons de rage et d’indignation. Dans quel pays sommes-nous, quand, quotidiennement, des délinquants pourrissent la vie de leur quartier, et qu’il leur faut plusieurs infractions, souvent violentes, pour avoir une première condamnation ? Une peine de prison pour Fanny, qui a toujours été respectueuse des lois de son pays, est indécente, quand un islamiste qui terrorise un hôpital, à Bourg, et ose demander 100.000 euros de dommages et intérêts, se voit seulement condamné à 1000 euros d’amende, sans la moindre peine de prison !
Une amende de 4000 euros à payer, et à qui ?
A la famille Demiati ! Ils étaient trois à passer à la caisse, lors du premier jugement, eh bien ils sont quatre maintenant, ils ont ajouté la mère !
500 euros chacun, multiplié par quatre, cela fait 2000 euros. Et comme cela ne suffisait pas, ils ont encore ajouté 500 euros pour le préjudice subi par le reste de la famille !
2500 euros, c’est bien payé pour faire le prosélytisme du voile, chapeau les juges, et bravo les Demiati, cela rapporte gros de militer pour le port du voile partout dans la société !
Certes, suivant l’avis du procureur de la République, il n’y a pas, contrairement à la première fois, d’amende pénale.
Mais le Mrap, la LDH et la Licra perçoivent leur dîme, chacune 1 euro de dommages et intérêts, et 500 euros de dédommagements, soit 1500 euros au total.
Il faut bien faire vivre les Tubiana, Aounit et leur petite bureaucratie, qui passent leur temps à traîner devant les tribunaux ceux qui osent ne pas respecter la loi des talibans français. Nous enrageons de penser qu’on gave de subventions, avec nos impôts, ces associations anti-républicaines, et qu’on donne 11 millions par an à la Halde pour appuyer leur offensive !
On regrettera que la Licra nationale, en se montrant incapable d’empêcher le médiocre Bouvier, son avocat local, de prendre les patins des sbires d’Aounit et de Tubiana, se discrédite durablement, à nos yeux, dans le combat laïque, malgré la qualité de certains de ses militants.
Quant aux imposteurs du combat anti-raciste, qu’ils ont dévoyé, le Mrap de l’ineffable Aounit, et la LDH du tandem Dubois-Tubiana, nous leur disons tout notre mépris. Ils peuvent être fiers d’eux ! Ils ont insulté impunément Fanny en plein tribunal, et surtout, ils se servent sur la bête ! Déjà ruinée, cette femme va devoir, à cause d’eux, outre ses frais d’avocats, outre les 2500 euros d’amende aux Demiati, les engraisser encore chacun de 500 euros ! Chapeau, les « anti-racistes », vous ne vous sentez pas mal dans vos baskets, vous pouvez vous regarder dans la glace sans baisser les yeux ?
Mais une telle sanction ne serait pas arrivée sans la complaisance, pour ne pas dire la complicité, de toutes les icônes laïques, qui, au mieux, ont brillé par leur silence, au pire ont enfoncé Fanny. Merci Caroline Fourest, pour tes premiers commentaires, au lendemain du procès d’Epinal, estimant que le verdict était sévère, mais qu’il fallait l’accepter ! Quand elle va payer son amende, Fanny aura sûrement une pensée pour toi, et quand elle va passer à la caisse, Horia Demiati pourra te dire merci !
Merci à ces sympathiques journalistes de l’Est Républicain qui, jusqu’au bout, auront fait passer Fanny pour une raciste soutenue par l’extrême droite, vous avez fait du bon boulot !
Merci aux organisations laïques et féministes qui, à des très rares exceptions, se sont bien gardées de prendre position, et qui, quand elle l’ont fait, ont, elles aussi, relayé les accusations des islamistes, en donnant des leçons de laïcité bien pensante qui étaient autant de coups de poignard dans le dos pour notre amie. Merci aux philosophes laïques qui défendent le voile à l’université, cela nous a aussi donné un sacré coup de main !
Merci les juges d’Epinal, vous qui avez déshonoré la justice, en laissant les tristes sires, avocats du Mrap et de la LDH, Weltzer et Tubiana, insulter impunément Fanny pendant toute l’audience. Vous pouvez être fiers de vous, et de votre premier verdict.
Merci les juges de Nancy, d’ailleurs l’un d’entre vous, à l’audience, osera demander à Fanny si le fait d’être juive n’avait pas influencé sa décision. Incompétent qui ne maîtrise pas son dossier, comme l’avocat du Mrap qui avait traitée Fanny d’intégriste catholique ! Elle n’est pas plus juive que catholique, elle est athée, et n’a fait baptiser aucun de ses quatre enfants. Mais grâce à vous, elle est encore davantage ruinée, et la famille Demiati aura les moyens de se payer de belles vacances, en faisant du prosélytisme pour le voile, uniforme de l’islam, religion de paix, contre la laïcité !
Surtout, messieurs les juges, vous ne pouvez pas ne pas comprendre le message que vous envoyez, dans une période où les islamistes multiplient les provocations pour tester la résistance de la République. En condamnant Fanny, vous leur dites : « Allez-y, nous vous couvrons ! ». Et surtout, vous envoyez un message terrible à l’ensemble de la société française : « Acceptez le voile partout où il se présente, sinon on vous condamne ».
Quelle est la crédibilité d’un Sarkozy, quand il prétend lutter contre les islamistes en Afghanistan, et qu’il laisse ses juges massacrer une femme comme Fanny Truchelut ? Une seule conclusion s’impose : ce n’est qu’un phraseur, il n’y a rien derrière, et il est en Afghanistan pour relayer les intérêts géo-stratégiques américains, pas pour combattre des islamistes qu’il caresse dans le sens du poil en France !
On nous dira qu’en France, il y a, en principe, indépendance de la Justice, mais de tristes affaires (cf Tapie) nous ont montré que les pressions étaient légion et par ailleurs, les déclarations publiques des ministres à propos de l’affaire de l’annulation de mariage pour cause de non-virginité témoignent que le pouvoir politique est capable de donner des signaux forts quand il le veut. Plus largement encore, on peut se poser la question de l’égalité judiciaire sur le territoire français. Il paraît qu le loi est la même pour tous, mais quand son application dépend de juges, c’est-à-dire d’individus particuliers, de leurs valeurs, de leurs engagements politiques, pour ne pas parler de leur gauchisme béat et antirépublicain, il est temps de tirer la sonnette d’alarme. France, ta justice fout le camp !
Bien sûr nous ne baisserons pas les bras. Nous sommes naturellement aux côtés de Fanny, et, comme depuis le début, respecterons ses décisions. Vous pourrez lire dans l’interview qu’elle nous a fait parvenir quel est son état d’esprit.
Cette décision, inique, montre à quel point la loi de 1905, nécessaire, n’est plus suffisante. Elle confirme le fait qu’il faut une nouvelle définition de l’espace public-privé, et que les laïques qui racontent que la rue, c’est l’espace privé sont à côté de la plaque. Jacques Myard a eu raison de redéposer, le 23 septembre dernier, un projet de loi contre le voile. Il faut légiférer pour mettre fin à cette invasion de l’espace civil, à moins qu’on ne veuille voir la France se couvrir encore davantage de l’uniforme de l’islam politique (pléonasme), à moins qu’on ne veuille voir des juges serviles envoyer en prison les Fanny Truchelut de demain.
Faites confiance à notre journal pour ne pas baisser les bras. Certes, on est tous sous le choc, on est tous en colère, mais cela va encore galvaniser notre détermination, et notre volonté de défendre la laïcité de l’offensive d’un fascisme politico-religieux dont le voile est l’uniforme.
No pasaran !
22 septembre 2008
C'est quoi, la laïcité négative ?
Par Catherine Kintzler
En parlant une fois de plus de laïcité positive, Nicolas Sarkozy sous-entend qu'il existe une laïcité négative. Mais le Président se trompe. C'est aux religions de devenir positives.
Nicolas Sarkozy, Paris, 12 septembre 2008 : de l'eau dans le vin de Latran et de Riyad.
A lire le discours prononcé par le président de la République recevant
Benoît XVI, on ne peut qu'être frappé par les différences qui le
distinguent des discours offensifs - et même insultants - envers les
incroyants, prononcés cet hiver à Rome (Latran) et à Riyad. Il faudrait
être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas remarquer le soin avec
lequel Nicolas Sarkozy s'est employé à citer ceux qui croient au ciel
et ceux qui n'y croient pas sans s'acharner sur ces derniers, sans les
traiter comme des mutilés de la pensée, l'application qu'il a mise à
souligner le rationalisme de la démocratie républicaine moderne, et sa
relation à la tradition des Lumières.
Il importe peu que le
président soit ou non convaincu par ces propos qui se veulent apaisants
: nous n'avons pas à sonder son coeur ; il faut et il suffit de
l'entendre comme le politique qu'il ne devrait jamais cesser d'être.
L'important est qu'il ait jugé opportun de les tenir : cela sonne comme
une révision partielle des propos qui avaient mis le feu cet hiver. Nul
doute que tout le monde retenait son souffle et se demandait s'il
céderait une fois de plus à ce sens de la provocation qui ne lui
réussit pas toujours, notamment en matière de laïcité.
Ne nous y trompons pas cependant. L'insistance à faire figurer le nom
de Dieu dans un discours officiel, à en banaliser l'usage, l'éloge
final des religions qui «
peuvent élargir le coeur de l'homme » : autant de pointes, entre autres, qui nous rappellent les excès des précédents discours et servent de piqûre de rappel.
Laïcité : négativité ou minimalisme ?
Reste maintenant à examiner un des noyaux du discours du 12 septembre,
que certains appellent hâtivement un concept : la notion de « laïcité
positive ». La simple juxtaposition sonne plutôt comme une thèse a
contrario. La laïcité avant Nicolas Sarkozy ou en dehors de son action
serait donc « négative » et heureusement que nous avons un Président
pour remédier à cela... !
Il faudrait d'abord s'entendre sur l'emploi des termes « négatif » et « positif ».
On peut entendre par là une quantité de contenu au sens doctrinal. De
ce point de vue, il n'y a effectivement rien de plus minimal que la
laïcité. Elle n'est pas une doctrine, puisqu'elle dit que la puissance
publique n'a rien à dire s'agissant du domaine de la croyance et de
l'incroyance, et que c'est précisément cette abstention qui assure la
liberté de croire et de ne pas croire dans la société civile. Ce n'est
pas non plus un courant de pensée au sens habituel du terme : on n'est
pas laïque comme on est catholique, musulman, stoïcien, bouddhiste,
etc. C'est le contraire : on peut être à la fois laïque et catholique,
laïque et musulman, etc. La laïcité n'est pas une doctrine, mais un
principe politique visant à organiser le plus largement possible la
coexistence des libertés. Qu'on me pardonne ce gros mot : les
philosophes parleraient d'un «transcendantal»
- condition a priori qui rend possible l'espace de liberté occupé par
la société civile. Ce n'est pas ici le lieu de refaire toute la théorie
: je l'ai proposée ailleurs et je me permets d'y renvoyer les lecteurs
(1).
Confondre minimalisme et négativité, c'est soit une erreur soit une
faute. C'est une erreur si la confusion a pour origine une
méconnaissance. C'est une faute si, malgré la connaissance, elle
s'impose sous une figure de rhétorique qui sonne alors comme une
déclaration d'hostilité. Dans les deux cas, il est opportun et urgent
de rappeler le fonctionnement théorique du concept de laïcité.
La laïcité pose la liberté
Maintenant, regardons quels sont les effets du minimalisme dont je
viens de parler. On découvre alors un autre angle d'attaque pour user
des termes « négatif » et « positif », qui les rattache à une question
décisive. Il s'agit de l'effet politique et juridique : celui-ci est-il
producteur de droit et de liberté?
On pourra aisément montrer que c'est précisément par son minimalisme
que le principe de laïcité est producteur, positivement c'est-à-dire du
point de vue du droit positif, de libertés concrètes. C'est en effet à
l'abri d'une puissance publique qui s'abstient de toute inclination et
de toute aversion en matière de croyances et d'incroyances que les
religions, mais aussi d'autres courants de pensée, peuvent se déployer
librement. A l'abri d'un Etat où règne une religion officielle ou un
athéisme officiel. Mais aussi, ne l'oublions pas, à l'abri les uns des
autres. En s'interdisant toute faveur et toute persécution envers une
croyance ou une incroyance, la puissance publique laïque les protège
toutes, pourvu qu'elles consentent à respecter la loi commune.
Il n'y a donc rien de plus positif que la laïcité. Elle pose bien plus
de libertés politiques et juridiques que ne l'a jamais fait aucune
religion. Car une autre confusion doit être dissipée. Si quelques
messages religieux aspirent à une forme de libération métaphysique et
morale, aucune religion n'a été en mesure de produire la quantité de
libertés positives engendrées par la plate-forme minimaliste de la
Révolution française - première occurrence du concept objectif de la
laïcité même si le mot apparaît plus tard. Du reste ce n'est pas la
préoccupation essentielle des religions, qui ne sont heureusement pas
réductibles à leurs aspects juridiques.
Quelle religion a institutionnalisé la liberté de croyance et
d'incroyance ? Laquelle a, ne disons pas instauré, mais seulement
accepté de son plein gré le droit des femmes à disposer de leur corps,
à échapper aux maternités non souhaitées ? Laquelle serait prête à
reconnaître celui des homosexuels à vivre tranquillement leur sexualité
et à se marier ? Laquelle reconnaît de son plein gré la liberté de
prononcer des propos qui à ses yeux sont blasphématoires ? Inutile de
citer l'affaire des caricatures, l'assassinat de Théo Van Gogh, pas
besoin de rappeler les lapidations, ni de remonter au procès de Galilée
ou au supplice du Chevalier de La Barre : les exemples sont légion.
Aucune des libertés positives que je viens de citer n'a été produite
par une religion, directement, en vertu de sa propre force, de sa
propre doctrine et par sa propre volonté : toutes ont été concédées
sous la pression de combats et d'arguments extérieurs.
On me citera comme contre-exemples l'ex-URSS ou la Pologne : mais la
liberté religieuse heureusement rétablie y a été réclamée contre un
Etat pratiquant lui-même une forme de religion officielle exclusive.
Une religion persécutée a besoin de la liberté de croyance et a raison
de lutter pour l'obtenir, mais elle ne la produit pas par elle-même,
elle n'est pas elle-même le principe d'une liberté qui vaut pour tous :
elle la désire pour elle, ou tout au plus pour ceux qui ont une
religion, exclusivement - sa générosité propre ne s'étend pas au-delà.
Benoît XVI a rappelé dans un de ses discours du 12 septembre à Paris
que, à ses yeux, il n'y pas de culture véritable sans quête de Dieu et
disponibilité à l'écouter. Il a bien sûr le droit de le penser et de le
dire, mais on a aussi le droit de rappeler que ce principe n'est pas en
soi inoffensif : il suffit de lui (re)donner la force séculière pour en
prendre la pleine mesure.
Il appartient aux religions de devenir positives et non-exclusives
La laïcité n'a donc pas à devenir positive : elle l'a toujours été,
elle est un opérateur de liberté. Davantage : la positivité des
libertés n'est possible que lorsque les religions consentent à renoncer
à leur programme politique et juridique, que lorsqu'elles acceptent de
se dessaisir de l'autorité civile, que lorsqu'elles consentent à se
dessaisir de l'exclusivité spirituelle et de la puissance civile
auxquelles certaines prétendent toujours. Autrement dit, pour que
l'association laïque puisse organiser la coexistence des libertés et
par conséquent assurer la liberté religieuse, il est nécessaire que les
religions s'ouvrent au droit positif profane en renonçant à leur
tentation d'hégémonie spirituelle et civile.
Il convient donc d'inverser l'injonction du président de la République
: la laïcité demande aux religions de devenir positives et de renoncer
à l'exclusivité tant intellectuelle que politique et juridique.
L'histoire des rapports entre la République française et le
catholicisme témoigne que c'est possible. Elle témoigne aussi que dans
cette opération les religions sont gagnantes. Car elles ne gagnent pas
seulement la liberté de se déployer dans la société civile à l'abri des
persécutions ; en procédant à ce renoncement elles montrent qu'elles ne
sont pas réductibles à de purs systèmes d'autorité ni à un droit canon
ou à une charia auxquels il serait injurieux de les restreindre, elles
montrent qu'elles sont aussi et peut-être avant tout des pensées. Et à
ce titre, elles sont conviées dans l'espace critique commun de libre
examen ouvert par la laïcité.
(1) Notamment dans le livre Qu'est-ce que la laïcité ? (Paris : Vrin, 2007).
15 juillet 2008
Burqa ou nationalité , il faut choisir !
La nationalité, c’est comme les antibiotiques, ce n’est
pas automatique ! C’est ainsi que l’on pourrait résumer la décision
judicieuse du Conseil d’Etat de refuser d’attribuer la nationalité
française à une marocaine qui prétendait l’obtenir en portant la
burqa !
Le progressisme inespéré de cette excellente décision donne une bouffée
d’air frais à une institution judiciaire qui semblait s’éloigner
sérieusement de l’esprit des Lumières ces derniers temps... Examinons
les faits :
Mme Faiza M, femme de nationalité marocaine âgée de 32 ans, mariée à un français, mère de 3 enfants nés en France, s’est vu refuser la nationalité française, alors que, théoriquement, elle était en droit de l’obtenir automatiquement dans ces conditions. En effet, elle avait demandé au Conseil d’Etat d’annuler un décret du 16 mai 2005 lui refusant la nationalité française pour défaut d’assimilation. Le Conseil d’Etat base sa décision sur l’article 21-4 du Code Civil, consultable ici (1) qui stipule que le gouvernement peut, par décret en conseil d’Etat, s’opposer à l’acquisition de la nationalité française pour " défaut d’assimilation autre que linguistique ".
La décision du conseil d’état concernant Mme Faiza M peut être consultée ici (2). Le Conseil d’Etat considère que " si Mme A possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d’égalité des sexes ; qu’ainsi, elle ne remplit pas la condition d’assimilation posée par l’article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l’acquisition par mariage de la nationalité française de Mme A ;
Considérant que le décret attaqué du 16 mai 2005 n’a ni pour objet ni pour effet de porter atteinte à la liberté religieuse de l’intéressée ; que, par suite, il ne méconnaît ni le principe constitutionnel de liberté d’expression religieuse, ni les stipulations de l’article 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales "
Le commissaire du gouvernement ( chargée de donner un avis juridique , Mme Prada Bordenave a consté que lors des entretiens avec les services sociaux et la police, elle se serait présentée "recouverte du vêtement des femmes de la péninsule arabique, longue robe tombant jusqu’aux pieds, voile masquant les cheveux, le front et le menton et une pièce de tissu masquant le visage et ne laissant voir les yeux que par une fente"
Le couple aurait reconnu son appartenance au salafisme. Mme Faiza M a affirmé qu’elle n’était pas voilée quand elle vivait au Maroc et "qu’elle n’a adopté ce costume qu’après son arrivée en France à la demande de son mari et qu’elle le porte plus par habitude que par conviction". "D’après ses propres déclarations, elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n’a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille." Faiza M. semble "trouver cela normal et l’idée même de contester cette soumission ne l’effleure même pas", a ajouté Mme Prada-Bordenave, estimant que ces déclarations sont "révélatrices de l’absence d’adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française". Elle mène une vie presque recluse et retranchée de la société française. Elle n’a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa famille." Faiza M. semble "trouver cela normal et l’idée même de contester cette soumission ne l’effleure même pas", a ajouté Mme Prada-Bordenave, estimant que ces déclarations sont "révélatrices de l’absence d’adhésion à certaines valeurs fondamentales de la société française".
Que penser de cette décision du Conseil d’Etat ? Comme le souligne Maitre Eolas (dont on parle souvent ces temps-ci) dans son blog, (3) ce n’est pas tellement la burqa qui est en soi contestée par le Conseil d’Etat, mais l’appartenance au salafisme que ce port de burqa traduit (NDLR en fait, selon plusieurs analystes, il ne s’agirait pas exactement d’une burqa, mais d’un niqab, c’est à dire d’un voile intégral). En quoi cette Marocaine est-elle en contradiction avec les valeurs fondamentales de la République ?
Rappelons que celles-ci, affichées sur toutes les mairies, sont " liberté, égalité, fraternité ". Posons nous les questions suivantes :
1°) Cette femme en burqa (ou niqab) manifeste t-elle un comportement libre ? La réponse est non : en effet, cet accoutrement lui aurait été imposé par son mari, lorsqu’elle était au Maroc, elle circulait sans voile. Par ailleurs, quand bien même se serait-elle, de sa propre volonté, attifée de cet accoutrement, le fait de le porter implique la disparition de toutes ses autres libertés : elle n’est plus libre de travailler (une femme ainsi habillée est totalement et définitivement inembauchable dans quelque entreprise que ce soit, même si la HALDE serait capable de ne pas être de cet avis). Elle perd aussi d’autres libertés essentielles, telles que, par exemple, courir pour attraper son bus, sentir le soleil sur son visage et le vent dans ses cheveux, ne pas crever de chaud en plein été, se baigner dans la mer etc...
2°) Cette femme peut -elle se considérer comme égale aux autres citoyens ? Non, dit le conseil d’Etat, elle se retrouve dans une situation manifeste d’infériorité, et ne peut jouir dans les faits d’aucune des libertés dont bénéficient ceux et celles dont elle prétend aspirer à être une concitoyenne. Qui plus est, elle semble considérer l’égalité comme une non-valeur, ce qui est gênant quand on veut être française !
3°) Cette femme manifeste t-elle de la fraternité ? Comment pourrait -elle se prétendre fraternelle alors qu’en cachant entièrement son visage dans la rue, elle affiche ouvertement son mépris vis-à-vis des hommes et des femmes dont elle déclare pourtant souhaiter être la concitoyenne ! La fraternité commence avec la communication, quelle communication peut-il exister avec une femme ainsi habillée ? Qui serait tenté de lui adresser la parole ?
D’autres questions se posent :
1°) C’est le mari qui, selon les déclarations de cette femme, lui a imposé la burqa . Deux hypothèses se présentent : il peut s’agir d’un Français de naissance converti à l’islam salafiste, ou bien il peut s’agir d’un salafiste ayant obtenu la nationalité française. Dans ce cas, cette attribution a t-elle été bien considérée, on peut se poser la question.
2°) La décision du Conseil d’Etat laisse entier le problème d’une Française de naissance, qui, convertie à l’islam, déciderait de se mettre à porter la burqa. Il ne saurait être question de la priver de sa nationalité. Mais, du coup, la femme marocaine faisant l’objet d’un refus de nationalité pourrait argumenter qu’il y a deux poids et deux mesures !
On voit donc bien que le législateur devra un jour se poser la question d’interdire purement et simplement tout vêtement masquant le visage en dehors des jours de carnaval.
Evidemment beaucoup s’écrieront que c’est une atteinte à la liberté qu’a tout citoyen de s’habiller comme bon lui semble. Néanmoins, il semble que cette restriction à la liberté existe déjà dans les faits : il suffit d’imaginer qu’un homme entre dans une banque ou dans un grand magasin affublé d’une cagoule lui recouvrant entièrement le visage à l’exception des yeux, la police viendrait l’arrêter dans de brefs délais comme suspect de tentative de braquage ! Autoriser le niqab ou la burqa constitue donc une discrimination sexuelle et religieuse : une femme musulmane se voit autorisée à entrer dans une banque le visage masqué alors que la chose est interdite dans les faits aux autres citoyens !
Dernières réflexions :
1°) On peut supposer que le mari de cette femme en burqa arbore également, s’il est cohérent avec ses idées, une tenue salafiste (barbe, djellaba , chapeau intégriste). Lui non plus ne doit pas trouver beaucoup de travail dans cette tenue. Cette famille se condamne probablement à vivre à terme d’allocations et du RMI. Pourquoi attribuerait-on, aux frais du contribuable, un revenu minimum d’insertion à des personnes qui, par leur accoutrement, se retirent à elle-mêmes toute possibilité effective d’insertion ?
2°) Il ne manquera certainement pas de bonnes âmes bien-pensantes, invoquant à contresens les droits de l’homme, qui stigmatiseront comme xénophobe, liberticide, voire même raciste (n’ayons pas peur des mots !) la sage décision du Conseil d’Etat. Néanmoins, on imagine aisément la réaction qu’auraient ces prétendus défenseurs des droits de l’homme si ils voyaient leur propre fille se mettre à porter la burqa (ou le niqab)...
Enfin, on peut craindre que la décision du Conseil d’Etat ne fasse l’objet d’un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme, dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’a que trop tendance à défendre les intérêts de l’obscurantisme dans ses décisions. Affaire à suivre, donc.
Docdory, Riposte Laïque
(3) http://maitre-eolas.fr/2008/07/11/1030-faut-il-etre-francaise-pour-porter-la-burqa
30 mai 2008
Un tribunal français déclare la virginité «qualité essentielle» de la femme avant le mariage !
Communiqué de l’UFAL :
Le tribunal de grande instance de Lille vient de rendre un jugement étonnant : il a considéré la virginité comme une « qualité essentielle » (sic) de la femme avant le mariage.
Un mari avait demandé l’annulation de son mariage au motif que sa femme n’était pas vierge alors qu’elle avait prétendu l’être. Il se trouve que les deux époux sont de confession musulmane. Le tribunal aurait-il tenu compte de la religion des époux pour rendre son jugement ? De deux choses l’une : ou bien le tribunal a été différentialiste et a rendu un jugement discriminatoire, ou bien il faut comprendre que la virginité est devenue une qualité essentielle sur laquelle une future épouse ne doit dorénavant ni plaisanter, ni mentir.
La décision rendue par le tribunal pervertit l’esprit même de cette loi qui avait pour finalité manifeste de protéger les femmes contre les mariages forcés.
Il s’agit d’un précédent : la République, en tant qu’elle est laïque, n’a jamais considéré, ni dans son esprit ni dans sa lettre, que la virginité pouvait être une qualité essentielle d’une citoyenne qui veut librement s’engager dans le mariage, fût-elle musulmane.
Un jugement rendu par un tribunal français est prononcé au nom du peuple souverain, source de la volonté générale, et non pas au nom d’une religion, d’une tradition ou d’un droit coutumier. Dans la même veine anti-républicaine, anti-laïque et anti-féministe, pourquoi ne pas aller jusqu’à blanchir cette coutume barbare qu’est l’excision ?
L’UFAL appelle la représentation nationale et, au-delà d’elle, tous les citoyens, à résister à cette dérive communautariste et à refuser ce jugement : il serait en effet désastreux qu’il fasse jurisprudence
25 avril 2008
L’Etat a des sous pour l’école privée, pas pour le public
Le gouvernement projette de créer un fonds spécial pour subventionner la création d’une cinquantaine de classes d’enseignement privé dans les cités en septembre 2008, dans le cadre du plan espoir banlieues annoncé par Nicolas Sarkozy, le 8 février. Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Eric de Labarre, se frotte les mains. Dans le même temps, plus de 11 000 postes d’enseignants vont être supprimés dans l’enseignement public.
Faut-il également préciser que le rapport de la commission Stasi rappelait l’Etat à ses devoirs en lui demandant de créer des écoles publiques dans les communes qui en sont dépourvues ? Là est la priorité véritable de l’argent public. L’argent payé par des contribuables athées ou agnostiques va donc servir à diffuser la foi, au lieu d’être consacré à la qualité de l’instruction et de l’éducation publiques. Il est vrai que le Président a osé dire que le curé ou le pasteur font mieux que l’instituteur, déconsidérant au passage ceux dont son ministre assure pourtant qu’il faut les entourer de respect.
C’est une nouvelle provocation. M. Sarkozy déclarait que la République a besoin de croyants. Il passe à l’acte, en aidant financièrement la religion, tout en dépouillant les services publics des moyens nécessaires à leur bon fonctionnement. Discrimination manifeste : l’intérêt général est sacrifié sur l’autel du particulier. Après la création des franchises médicales, la fragilisation du service public de l’audiovisuel, c’est le tour de l’école. Avec, en soubassement, une idéologie thatchérienne : mettre à mal ce qui est d’intérêt général par la privatisation et privilégier l’intérêt particulier. La santé, la culture et l’instruction publique subissent de plein fouet cette politique. On a bien, là, trois provocations emblématiques qui bafouent simultanément la justice sociale et la laïcité.
En somme, l’Etat est trop pauvre pour ces biens qui sont de tous, croyants et athées réunis, mais se découvre assez riche pour subventionner une religion instrumentalisée, implicitement appelée à prendre en charge, sur le mode de la charité, ce que la République assumait sur le mode de la solidarité. Il est ainsi porté atteinte à la fois à la religion et à la République.
La première est réduite à un opium du peuple au lieu d’être tenue pour une option spirituelle respectable, qui n’engage que les croyants. La seconde est amputée du rôle social qui donne chair et vie aux libertés politiques. Quant au mouvement laïque, il est en mesure, désormais, de méditer sur le triste résultat de l’«accommodement raisonnable» qui conduisit à mettre en veilleuse le principe selon lequel «l’argent public doit aller à l’école publique».
Ce principe avait recueilli onze millions de signatures lors du serment de Vincennes, en 1960, en protestation contre la loi Debré, qui organisait le financement public des écoles privées. L’éducation et l’instruction ne sont pas une prestation comme une autre, que l’on pourrait déléguer sans dommage à des instances plus soucieuses de profit ou d’endoctrinement que d’émancipation. Force est de constater que les défaites d’hier, et les renoncements qui les ont parfois accompagnées sous prétexte de réalisme, tendent à faire jurisprudence dans la bouche des adversaires déclarés ou cachés de la laïcité. Bien des entorses sont invoquées, par eux, comme des adaptations dans les faits, et passent ainsi pour normales.
Le contournement de la distinction entre culturel et cultuel, par exemple, sert trop souvent à financer les cultes, bafouant ainsi la loi de 1905 et préparant d’éventuelles généralisations antilaïques. Il est grand temps de se réveiller. Les termes hypocrites de toilettage, de laïcité ouverte-positive-inclusive, permettent de noyer le poisson, de fragiliser un peu plus la laïcité. Ceux qui sont décidés à en finir avec ce qu’ils s’obstinent à appeler «l’exception française» n’ont que ce vocabulaire à la bouche. Ce n’est pas être figé ou passéiste que de rappeler la force régulatrice des principes, et dire aux politiques que «trop c’est trop». Toute concession est manifestement interprétée comme une faiblesse, une brèche à élargir. Et qu’on ne parle pas de sectarisme à propos de ceux qui soulignent le danger de telles concessions !
Il est vrai que la nouvelle habitude de l’idéologie dominante est de traiter de conservateurs ceux qui défendent les droits sociaux ou l’émancipation laïque. Ce n’est pas sans émotion que je me souviens du témoignage de Fadela Amara devant la commission Stasi. Oh, chère Fadela, vous nous aviez touchés en disant votre conviction que la laïcité est émancipatrice, notamment pour les femmes, et qu’il est du devoir de la République de la promouvoir. Comment pouvez-vous accepter aujourd’hui que le plan banlieues, au nom de l’urgence sociale, porte atteinte à la laïcité qui vous est chère ? Votre engagement de naguère était clair et net : laïcité et justice sociale allaient de pair. Cela interdisait à la fois la mise à mal des services publics et la mise en cause de la laïcité. Je ne peux imaginer que la vaillante fondatrice de Ni putes ni soumises se réjouisse, en son âme et conscience, de la démarche antilaïque du gouvernement.
Devant la gravité de la situation, le mouvement laïque semble retrouver le chemin de l’unité. La protestation monte et s’amplifie. Mais il est important qu’elle s’exprime sur des bases claires. Égalité de traitement des croyants et des athées, finalisation de la puissance publique par le bien de tous, sont indissociables de la liberté de conscience. Et chacun peut bien comprendre, aujourd’hui, qu’il n’y a pas à tenir la laïcité pour secondaire au regard de la justice sociale, ou l’inverse, mais que toutes deux sont solidaires.
Le Président de la République et le gouvernement n’ont pas été mandatés pour bafouer le principe constitutionnel de laïcité. Ils doivent se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps, un million de personnes étaient descendues dans la rue pour le rappeler à qui de droit.
29 mars 2008
Laïcité, séparation « Etat-Eglises » : 71 % des Français veulent garder la loi de 1905 telle qu’elle est
Enquête
par sondage de l’Ifop pour La Croix, réalisée les 6-7 mars 2008, à
partir d’un échantillon représentatif d’une population de 15 ans et
plus (méthode des quotas).
C’est une enquête qui bouscule de nombreux discours médiatisés convenus. N’en déplaise au Président Sarkozy et à ceux qui à gauche ont oublié la République laïque, les Français ne les suivent pas pour liquider la laïcité avec la notion-piège de « laïcité ouverte » ou « apaisée » ou « positive ». L’enquête réalisée par l’Ifop et publiée par « La Croix » le 21 mars 2008 montre que la laïcité est l’une des valeurs républicaines les plus importantes pour les Français. Et même 77 % d’entre eux disent que « les autorités religieuses ne devraient pas prendre position publiquement sur les grands enjeux de société ». La laïcité est donc un choix politique fondamental des Français.
Ce qui interpelle dans cette enquête, c’est qu’elle tord le cou à des préjugés. L’enquête empirique casse des représentations toutes faites, comme on dit en sociologie. D’abord du côté des « jeunes ».
La laïcité : un principe républicain prisé des jeunes
Parmi les cinq principes républicains soumis à l’ensemble des sondés, la laïcité est classée en 2ème position avec 30%, derrière le suffrage universel (41%) et devant la liberté syndicale (12%), la liberté d’association (9%), la libre constitution des partis politiques (8%). Et la laïcité est le seul principe à progresser depuis 2003 : son score passe de 25% à 30%, soit 5 points de plus.
Dans ce classement, la surprise vient des jeunes. Ce sont les « 15-24 ans » qui attachent le plus d’importance à ce principe de laïcité : 35%, alors que le taux est de 27% pour les « 25-34 ans » et de 30% pour les « 35 ans et plus ». La laïcité n’est donc pas un principe obsolète de vieux qu’il conviendrait de jeter à la poubelle pour s’adresser aux jeunes, pour faire « Jeune » (jeunisme). Au contraire !
Cette tendance est confirmée ailleurs dans l’enquête. Si 71% des Français disent vouloir maintenir la loi de 1905 telle qu’elle est, cette aspiration est encore plus forte chez les « moins de 35 ans » : 77% contre 68% chez les « 35 ans et plus ». La demande de laïcité progresse donc chez les jeunes.
A la question « La religion relève de la vie privée et les autorités religieuses ne devraient pas prendre position sur les grands enjeux de société », ce sont encore les « 15-34 ans » qui sont le plus d’accord (80%). Mais les « 35 ans et plus » partagent aussi fortement cet avis : 76%.
C’est clair : pour les Français la religion relève de la vie privée et la vie en société doit être régie par la République laïque.
Si 87% des Français répondent positivement à la proposition « Les religions peuvent créer des tensions au sein de la société », les « moins de 35 ans » l’affirment encore davantage avec un taux de 90%.
Au vu de ces résultats, les Français, et les jeunes en particulier, sont acquis à la République laïque et rejettent massivement l’emprise des appareils religieux (les Eglises) sur la vie sociale et le politique. On peut considérer qu’ils refusent tout projet politique d’une théocratie. Ils exigent en somme le primat du politique sur le religieux. Revendiquer l’extension à l’Université de la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux est donc en phase avec les choix des « jeunes ».
En somme, il faut cesser de confondre la majorité de la jeunesse française avec la poignée de jeunes qui s’agitent très médiatiquement autour des thèses des « Indigènes de la République », de Tariq Ramadan et des jeunes filles voilées de l’islamisme politique ou autour des thèses anti-IVG des intégristes catholiques. Pas étonnant qu’il y ait des discordances entre des leaders politiques et leur électorat.
Laïcité : quand des leaders politiques divergent avec leur électorat…
Cette enquête met en évidence que les choix anti-laïques de certains leaders politiques divergent avec leur électorat. En effet les gens proches de la gauche et de la droite classent tous la laïcité comme 2ème principe républicain.
C’est le cas des personnes proches de l’UMP qui retiennent « la laïcité » à hauteur de 26%, soit seulement à 4 points sous la moyenne des Français. La liquidation de la loi de 1905 par la « laïcité positive », martelée par le président Sarkozy, n’est donc pas conforme aux valeurs de ces électeurs. Est-ce une des raisons de l’abstention de l’électorat UMP aux municipales ? Et de son désamour avec les orientations anti-laïques de N. Sarkozy ? D’autant que 85% de l’électorat UMP considèrent que « les religions peuvent créer des tensions au sein de la société ».
A gauche, certaines fractions des états-majors auraient intérêt à s’interroger aussi sur leur coupure avec leur électorat.
Si ce sont les proches du PS qui défendent le plus (80%) « la loi de 1905 telle qu’elle est », les dérives anti-laïques de certains leaders socialistes entrent probablement en compte dans l’abstention de l’électorat socialiste aux municipales. Les horaires de piscines réservés aux femmes voilées (comme à Lille) et les injonctions religieuses dans les cantines scolaires municipales (comme à Lyon) ne peuvent pas être un schéma de pensée facilement accepté par les électeurs socialistes.
Les proches du PC défendent à 74% la « loi de 1905 telle qu’elle est ». Seulement 9% sont pour la « réformer » : ils sont d’ailleurs les moins nombreux, gauche et droite confondues, à demander la réforme de la loi de 1905. Ils sont donc défavorables à la « laïcité ouverte » défendue par la ligne politique de Marie-Georges Buffet. Les anti-laïques seraient-ils donc sur-représentés au sein de l’appareil du PCF ? D’autant que 69% de cet électorat approuvent la proposition « La religion relève de la vie privée et les autorités religieuses ne devraient pas se positionner sur les grands enjeux de société ». Ceux des députés communistes qui ont refusé de voter la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux à l’Ecole, ne reflètent pas l’énorme majorité de l’électorat communiste. Pas plus que les maires communistes finançant des mosquées.
C’est encore plus flagrant à l’extrême-gauche ! 78% de leurs proches veulent maintenir la « loi de 1905 telle qu’elle est » et seulement 16% veulent la « réformer » : on peut dire qu’ils sont donc en désaccord avec les thèses islamo-gauchistes, d’autant qu’ils sont ceux des Français qui accordent le plus grand score à la laïcité parmi les cinq principes républicains : 48%, soit 11 points de plus que la moyenne de la gauche et 18 points de plus que la moyenne des Français. Le discours anti-républicain et anti-laïque d’un Olivier Besancenot, d’un José Bové, de certaines directions syndicales constitue probablement un obstacle à un développement populaire du courant anti-libéral et anti-capitaliste en France.
L’électorat des « Verts » se situe à 64% pour défendre la loi de 1905 contre 72% pour le MoDem. Avec 25% il figure parmi les plus perméables « pour réformer la loi de 1905 », soit un score semblable à celui du MoDem (24%) et de l’UMP (26%).
Quelques autres préjugés qui sautent…
► Femmes-Hommes :
Y a-t-il un effet « Sexe, Genre » ? Sur la question de la laïcité, la différence entre les femmes et les hommes est insignifiante : 72% des hommes et 70% des femmes veulent garder la « loi de 1905 telle qu’elle est ». Cette tendance à la similitude de pensée traduit donc une émancipation croissante des femmes par rapport à l’influence religieuse du passé sur leur socialisation. C’est un total démenti au projet politique anti-féministe des islamistes en France ! Ce que ne reflètent pas les propos de nombreux journalistes ou animateurs des médias écrits ou parlés.
► Catégories socio-professionnelles :
On les aurait classés « Bobos » ou « Réacs », or ce sont les « Professions libérales-Cadres supérieurs » qui sont les plus favorables en France à la « loi de 1905 telle qu’elle est » : 77% (selon l’Ifop, le 82% des « Artisans-commerçants » repose sur un effectif interrogé trop petit). Puis viennent les « Professions intermédiaires » (74%), les « Ouvriers » (67%) et les « Employés » (58%). Les retraités (toutes catégories confondues) se situent à 73%, soit deux points au-dessus de la moyenne des Français.
► Les catholiques et les autres…
Les catholiques français : des « intégristes ? Nenni ! Une forte majorité des catholiques (69%) veut conserver la « loi de 1905 telle qu’elle est », ne se différenciant guère ainsi des « Sans religion » (70%). L’enquête montre que 61% des « Autres religions » ont la même attitude, mais ne précise pas les différences selon le protestantisme, le judaïsme et l’islam.
En somme, cela invite à la nuance et à ne pas confondre laïcité et anti-cléricalisme, ce qui peut être destructeur de l’adhésion massive actuelle à la laïcité en France. D’autant que simultanément 79% des interrogés sont favorables à la proposition « La laïcité doit consister à respecter toutes les croyances et ne doit pas considérer les religions comme un danger, mais comme un atout pour la société », même si dans le même temps 87% tempèrent la formulation de la question en disant que « les religions peuvent créer des tensions au sein de la société ».
► Effet de la taille des communes ?
« L’agglomération parisienne » dit à 63% vouloir conserver la « loi de 1905 telle qu’elle est », soit 6 points de moins que les « Communes rurales (69%), 10 points de moins que les « Communes urbaines de province », mais aussi 8 points de moins que la moyenne française, 14 points de moins que les « Professions libérales-Cadres supérieurs », 15 points de moins que l’extrême-gauche. Quelles hypothèses d’explication avancer ? A creuser par d’autres enquêtes.
Finalement, que conclure ?
Que les Français assument tenacement leur histoire politico-religieuse depuis les ruptures successives des rois de France avec les Papes (gallicanisme ou primat du politique sur le religieux), depuis l’Edit de Nantes avec Henri IV, depuis la philosophie des Lumières et la Révolution de 1789, depuis les grands combats républicains du XIXe siècle pour la république, la laïcité, l’Ecole publique obligatoire, donc gratuite, donc laïque. On peut ajouter que le débat et la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l’Ecole ont probablement contribué à refaire prendre conscience que les libertés ne sont pas naturelles, mais qu’elles dépendent de cette conquête qu’est la République laïque.
En effet « les façons de pensée, d’agir, de se comporter », comme disait le sociologue Emile Durkheim, et même la liberté de choisir sa religion ou de ne pas en avoir ne sont possibles que dans une République laïque. Comme les Français en ont hélas la preuve quotidiennement avec la vision des massacres liés aux guerres inter-religieuses en Orient, au Moyen Orient, en Inde, au Pakistan, en Afrique. Comme le prouvent aussi les exigences obscurantistes croissantes des islamistes en Europe, au Canada, etc. L’attachement des Français à la laïcité procèdent de tout cela : il est une valeur politique incontournable que le Président Sarkozy ne doit pas perdre de vue, même si les institutions européennes l’aident dans cette opération de liquidation du pacte de la République laïque en France.
21 janvier 2008
Laïcité: Sarkozy franchit la ligne rouge
Par Catherine Kintzler
Loin d'atténuer les déclarations du « Discours de Latran », le discours
tenu le 14 janvier par le président de la République à Ryad les
renforce.
Aucun
président n'avait osé une telle célébration des religions. Aucun
n'avait osé prononcer le nom de « Dieu », utrement que comme un nom
commun, un concept ou dans des expressions courantes: cette fois il a
été, à plusieurs reprises, assumé comme une entité à laquelle il faut
croire. Une ligne rouge est franchie.
Confusion entre tolérance et laïcité
« Voilà bien une indignation partisane inspirée par l'intolérance
laïque », ne manqueront pas de dire les inconditionnels du sarkozysme.
C'est qu'ils répandent une idée fausse, selon laquelle la laïcité
serait un dispositif antireligieux faisant obstacle à la tolérance.
C'est qu'ils confondent laïcité et tolérance.
le principe de laïcité touche l'autorité publique, ce qui relève de
l'Etat et de ses institutions, du droit et de sa production. Ce
principe est minimaliste: il dit que le lien religieux n'est pas
nécessaire au lien politique qui fonde la cité; en conséquence il
impose un devoir d'abstention à la puissance publique en matière de
croyances et d'incroyances. Cette abstention fonde, partout ailleurs
dans la société civile, la liberté des opinions, des croyances et des
incroyances dans le cadre du droit commun. Par son silence, le principe
de laïcité libère l'espace civil où règne le principe de tolérance. La
laïcité ne s'oppose aux religions que lorsque celles-ci prétendent
faire la loi. Pour la même raison, elle ne peut tolérer aucune religion
civile: la loi ne peut pas être un dogme.
S'appuyer sur le rejet du laïcisme pour accréditer le communautarisme
Présenter la laïcité comme une machine antireligieuse, c'est la
confondre avecc le laïcisme qui veut soumettre la société civile au
principe d'abstention propre à la sphère publique. Le raisonnement
sarkozien s'autorise alors cette confusion pour réclamer à l'inverse
une laïcité « positive » qui mettrait la puissance publique au même
régime de tolérance que la société civile. Cela revient à briser le
modèle politique qui en France conditionne une grande partie de la
liberté d'opinion; c'est promouvoir les religion ès qualités au statut
d'interlocuteurs politiques, c'est ouvrir la voie au communautarisme,
c'est accepter qu'une doctrine officielle se répande au sujet de la
croyance.
Il y a là un projet qui tend à l'alignement de la France sur un modèle dont on oublie trop souvent les lacunes.
La réussite laïque
Car il y a trois choses que le régime de laïcité réussit seul à faire,
et qui échappent au modèle de tolérance tous azimuts sur lequel semble
lorgner le président de la République:
1. Le régime laïque rend impossible toute officialisation du religieux
(ou de l'athéïsme); les religions sont protégées contre l'Etat et
réciproquement. En outre, il y a égalité morale entre les croyants, et
aussi entre les croyants et les incroyants.
2. Le
régime de laïcité est incompatible avec le communautarisme. Les
communautés (religieuses ou autres) peuvent s'organiser librement,
elles jouissent d'un statut juridique et ont toute liberté
d'expression, mais elles ne peuvent pass prétendre à la reconnaissance
politique, réservée aux citoyens et à leurs représentants élus.
3. La laïcité ouvre un espace civique et critique commun. Elle demande
à chacun, d'abord à l'école puis comme citoyen, de faire un pas au delà
de son origine, de faire un effort pour ne pas se réduire à une
appartenance préalable à laquelle personne n'est tenu de renoncer.
Un gourou indiscret
Comme individu, Nicolas Sarkozy jouit de la tolérance qui s'applique à
la société civile. Mais le président s'exprimant en tant que tel n'a
pas la même liberté.
En célébrant l'esprit religieux, en déclarant que « Dieu est dans le
coeur de chaque homme », que l'espérance est indissociable de la
croyance, en réduisant les religions au désir de transcendance, le
président commet une effraction dans un domaine qui devrait rester
inviolable. Tel un gourou, il prétend délivrer une vérité sur la
conscience de chacun, et blesse en cela autant les croyants que les
incroyants. Nous n'avons que faire d'une profession de foi indiscrète:
qu'ils nous laisse prendre nous-mêmes soin de notre âme et qu'il
s'attache plutôt à rendre l'espoir aux Français, ici et maintenant.
23 décembre 2007
Sarkozy au Vatican, ou comment casser le modèle républicain français
Par Stéphane Arlen, Faire le jour
Nicolas Sarkozy était hier au Vatican pour recevoir son titre ridicule de chanoine de Saint-Jean de Latran. Quand des journalistes ont demandé aux cardinaux si les divorces et la nouvelle liaison de notre Président avait de l’importance, voici ce qu’a répondu l’un d’eux : « On reçoit la France, pas un homme politique en particulier. » (Le Monde du 20/12/07)
Et c’est bien là le problème ! Si Nicolas Sarkozy n’allait qu’à titre privé au Vatican pour étancher sa soif de mysticisme, nous n’aurions rien à dire. Mais quand il représente la France, et qu’il baise la main du pape, nous devons légitimement nous indigner : la France n’a pas à baiser la main de qui que ce soit d’autre qu’un pays libérateur (et encore, pas éternellement et quelles que soient les horreurs commises plus tard...), et sûrement pas celle d’un chef religieux luttant chaque jour contre l’égalité homme/femme, l’égalité hétéros/homos, le droit à disposer de son corps, le port du préservatif, la laïcité et même la liberté de conscience, assimilée à la simple liberté religieuse.
Le chanoine Sarkozy n’a aucun scrupule, ce n’est pas son genre. Nous n’en avons donc aucun à dénoncer ses propos ou actes antirépublicains et/ou antilaïques.
Justement, revenons sur l’interview donnée par Sarkozy à l’Osservatore Romano, l’organe de propagande audiovisuelle du Vatican, hier 20 décembre 2007 (voir sur le site de l’Élysée).
À propos de sa rencontre avec le pape, Nicolas Sarkozy s’avoue très heureux, et comme il aime être heureux, il explique au « journaliste » : « je lui ai également dit combien je serai heureux que nous le recevions en France, indépendamment de la visite à Lourdes, bien sûr, et combien je serai heureux qu’il vienne à Paris. » Et si Carla veut bien, je lui ferai une place dans mon lit. Ça, c’est moi qui l’ajoute.
Pourquoi tant de déférence vis-à-vis du vieil intégriste du Vatican ? Parce que « le message du Christ, c’est un message très audacieux, puisqu’il annonce un Dieu fait de pardon et une vie après la mort. Je ne pense pas que ce message d’audace extrême et d’espérance totale puisse être porté de façon mitigée. Il nécessite une grande affirmation, une grande confiance et je suis de ceux qui pensent que dans les débats d’aujourd’hui, les grandes voix spirituelles doivent s’exprimer plus fortement [...] Et je souhaite que les grandes religions y compris la religion de l’Islam de France puissent avoir des voix qui s’expriment tranquillement, avec un message d’amour, un message de paix », déclare Nicolas Sarkozy qui devrait relire la Bible et le Coran avant d’affirmer de façon aussi péremptoire (et stupide) que le dieu des chrétiens et des musulmans est un dieu bon fait de pardon et que les religions qui en découlent apportent un message de paix. Il ne lit jamais les journaux ? Ne regarde jamais la télé ? N’ouvre aucun livre d’histoire ? Peut-être devrait-on conseiller au Fouquet’s de mettre au moins la radio dans les toilettes, afin que notre Président puisse s’informer sur l’état du monde.
Mais pourquoi vouloir remettre autant la religion à l’avant-scène d’un pays qui n’en veut plus ? C’est simple, et Nicolas a la réponse : « Cela manque les intellectuels chrétiens, cela manque les grandes voix qui portent dans les débats pour faire avancer une société, lui donner du sens et montrer que la vie n’est pas un bien de consommation comme les autres. » Oui, vous avez lu comme moi, les religions font avancer la société et donnent du sens à notre pauvre vie qui n’en a aucun en dehors de l’argent... Que c’est pitoyable d’avoir une telle conception de l’humanité : soit vous aimez le fric, soit vous êtes un peu spirituel, c’est-à-dire croyant... Pourtant, M.Sarkozy devrait savoir, grâce à son entourage, qu’on peut avoir beaucoup d’argent, être croyant et n’avoir aucune morale.
N’y a-t-il vraiment que l’Église pour répondre aux besoins de la société en ce qui concerne la défense des plus démunis ? Oui, nous dit Nicolas : « Que l’Église ait un message particulier sur les plus pauvres, sur ceux qui n’ont rien, sur les immigrés... Mais si l’Église ne l’avait pas qui l’aurait ? » Eh oui, qui l’aurait, ce message pour un changement positif de la société ? Les partis politiques ? Les syndicats ? Tout simplement les humanistes ? Non, pour Sarkozy, seule l’Église peut avoir ce rôle de bienfaiteur de l’humanité, de défenseur de la veuve et de l’orphelin, face aux salauds qui ne pensent qu’à eux, qui ne veulent plus de la solidarité nationale, qui se font payer des vacances à plus de 20.000 $ la semaine, qui s’augmentent de 200 %. Encore une fois, M.Sarkozy est soit ignorant (c’est déjà démontré), soit menteur (c’est aussi démontré) : l’Église a toujours été le soutien de toutes les ordures de la planète (de Mussolini à Pinochet, en passant par Hitler, Franco et Salazar), sauf si ces ordures étaient communistes ! Car s’il y a bien une chose que l’Église, comme Sarkozy, déteste plus que tout, c’est une idéologie (qu’elle soit criminelle ou non) qui se passerait de Dieu et de la concurrence libre et non faussée. En réalité, Sarkozy sait très bien que là où il y a de la religion, les gens se rebellent moins, car ils sont abrutis par des dogmes et l’espoir d’une vie meilleure postmortem. Il le dit : « les lieux de cultes sont dans les campagnes où il y a moins de monde et les banlieues sont devenues des déserts cultuels. Ce n’est pas positif. » Je traduis : mettons des lieux de culte partout, pendant ce temps-là, nous pourrons continuer impunément nos « réformes sociales ».
Mais la France n’est-elle plus laïque alors ? Si, bien sûr, avec une laïcité « positive » (oui, la laïcité qui est trop elle-même est négative). Qu’est-ce que c’est ? « La laïcité positive, c’est-à-dire qui reconnaît à chacun le droit de vivre sa foi et de la transmettre à ses enfants ». Ah bon, la laïcité normale, la négative, la méchante, ne reconnaît pas le droit de chacun à vivre ses délires et à les transmettre, quels qu’ils soient, à ses enfants ? Première nouvelle ! Nous vivions sous le joug d’une laïcité intégriste, et nous ne le savions pas ! Merci Nicolas pour l’info.
Merci pour ces approximations, ces mensonges, ces manipulations. Ayant déjà trahi le peuple en signant le traité reprenant la constitution rejetée en 2005, Nicolas Sarkozy trahit chaque jour un peu plus le modèle républicain français. Nous sommes de plus en plus nombreux en France à voir clair. Nous sommes de plus en plus nombreux à être révoltés. Il faudra bien que cela cesse.


